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Étude de cas

Clear Fashion

Un score de marque n’a de valeur que si l’on peut lui faire confiance. Comment le rendre lisible sans le simplifier à l’excès, jusque dans l’affichage exigé par la loi AGEC.

Mission
Design system, app web, test utilisateur
Industrie
Mode responsable
Produit
App web Clear Fashion
Rôle
Product Designer
Année
2022
Équipe
1 spécialiste de l’ACV
1 Product Manager
1 Product Designer
1 Brand Designer
3 développeurs

Clear Fashion note les marques de mode sur quatre enjeux : environnement, humains, santé et animaux. Chaque marque reçoit un score sur 100, une place dans un classement et le détail de ce qui compose sa note. Près de 500 marques ont été enquêtées, et plus de 250 ont fourni elles-mêmes des informations complémentaires.

Un score est une affirmation. Il n’est crédible que si l’on sait qui la garantit.

En 2022, deux chantiers se croisent. L’app web grandit et a besoin d’un langage commun. En parallèle, la loi AGEC (anti-gaspillage pour une économie circulaire) encadre l’information environnementale des produits : l’affichage devient un sujet réglementaire, donc un sujet de confiance. Le vrai problème n’est pas de dessiner un score, mais de décider d’où viennent les informations, ce qu’on montre de leur fiabilité, et comment éviter qu’une simplification devienne trompeuse.

J’ai conçu un design system comme un ensemble de règles pour supporter cet affichage, puis je l’ai mis à l’épreuve sur un cas concret : un widget d’affichage réglementaire, testé avec les membres du Tester Club de Clear Fashion.

01

Décisions et arbitrages

01
Une couleur, un sens

Le système de couleurs repose sur un dégradé de bleus, utilisé à la fois pour la marque et pour l’interface. Les couleurs de score forment une palette à part, que nous avons appelée « traffic light », du rouge au vert sur cinq niveaux. Elles ne servent à rien d’autre : quand un utilisateur voit du rouge ou du vert, il sait qu’il lit une note. Le compromis : renoncer à l’usage décoratif de ces couleurs, pourtant tentant sur une marque très colorée.

02
Laisser la couleur aux scores

J’ai collaboré avec une brand designer qui a réalisé l’ensemble de la bibliothèque d’illustrations afin de mettre en image le langage visuel des applications. Cet ensemble de visuels est venu compléter la partie pictographique pure de l’interface, avec le bleu Clear Fashion en seul accent.

02

Vérifier que ça se comprend

Qui
Le Tester Club, une communauté d’utilisateurs impliqués dans la conception.
Quoi
La première version du widget d’affichage réglementaire.
Comment
Une invitation par email, puis un retour sur le widget et une enquête consommateur.

Un affichage conforme à la loi n’est utile que s’il est compris. Le 5 août 2022, j’ai invité le Tester Club à tester la première version du widget : « Comme d’habitude, on vous implique dans le processus de conception. » Les testeurs donnaient leur avis sur le widget et nous aidaient à prioriser les prochaines fonctionnalités. Une seconde version de l’email les invitait à répondre à une enquête consommateur.

Le test nous a permis de révéler des incompréhensions liées à certains termes de l’affichage. Il fallait écarter les risques de mauvaise lecture du score, ainsi qu’identifier les informations que les consommateurs recherchaient en premier.

03

Le système en chiffres

~500
Marques enquêtées

Clear Fashion a enquêté et vérifié les pratiques de près de 500 marques de vêtements.

250+
Marques contributrices

Elles ont fourni des informations supplémentaires sur leurs pratiques de fabrication.

Ce que j’en retiens

La loi AGEC a influencé le contenu, pas la compréhension. Et c’est là que le design pouvait faire la différence.

Sur un produit qui note des marques, chaque couleur et chaque chiffre engage la crédibilité de la note. Le système devait rendre cette note lisible, et le test devait vérifier qu’elle était comprise, y compris quand la loi en impose le contenu.